
Xenolithia
Tinos
2025
Dans les Cyclades du Nord, l’île de Tinos est le théâtre d’un antagonisme presque caricatural entre deux cultures architecturales.
D’un côté, d’innombrables murs en pierre sèche et autres infrastructures rurales façonnent le paysage, nourrissant une culture folklorique et artisanale d’une richesse remarquable pour un territoire si restreint. A cette tradition de la pierre sèche s'associe sur l'île la culture du marbre, avec ses carrières, ateliers et sa célèbre école dont les élèves interviennent sur les chantiers de restauration du monde entier. De l'autre, l’intensification du tourisme a entraîné une importation massive de matériaux, mis au service de typologies architecturales abstraites dont la construction est peu réglementée. Ce phénomène est rendu encore plus visible par les nombreuses structures en béton abandonnées, vestiges de la pénurie d’investissements qui a frappé la Grèce entre 2008 et 2019.
Partant du constat de l’abandon progressif des murs en pierre sèche — initialement destinés à des pratiques agricoles en fort déclin depuis les années 1950 — et confronté au sentiment de déshérence suscité par les innombrables reliques d’une industrie touristique à la fois spéculative et vitale pour les communautés locales, une hypothèse émerge : considérer les murs en pierre sèche non comme un patrimoine figé, mais comme un stock de matériaux en circulation, à réintroduire dans la construction architecturale contemporaine.
Cette hypothèse devient alors un outil de réflexion pour la création d’objets mettant en scène un dialogue entre des cultures et des techniques architecturales étrangères l’une à l’autre, interrogeant la relation qu’une vision de l’architecture comme objet transitoire — faite de flux, d’excès et de transformations — peut entretenir avec le patrimoine. Chaque pièce de l’exposition raconte une histoire : murs protégeant du vent au nord, écrans ou claustras ornementées au sud, une corniche en terrazzo réunissant les lithologies de l’île et des matériaux importés, des empilements de rebuts de carrière, des greffes ou encore des hybridations entre mousse polyuréthane et roche métamorphique.
Avec Anna Saint Pierre, Materra Matang, Mathias Palazzi et Warm Weekend. Avec le soutien de Toichos et de l'Institut Français.























Xenolithia
Tinos
2025
Dans les Cyclades du Nord, l’île de Tinos est le théâtre d’un antagonisme presque caricatural entre deux cultures architecturales.
D’un côté, d’innombrables murs en pierre sèche et autres infrastructures rurales façonnent le paysage, nourrissant une culture folklorique et artisanale d’une richesse remarquable pour un territoire si restreint. A cette tradition de la pierre sèche s'associe sur l'île la culture du marbre, avec ses carrières, ateliers et sa célèbre école dont les élèves interviennent sur les chantiers de restauration du monde entier. De l'autre, l’intensification du tourisme a entraîné une importation massive de matériaux, mis au service de typologies architecturales abstraites dont la construction est peu réglementée. Ce phénomène est rendu encore plus visible par les nombreuses structures en béton abandonnées, vestiges de la pénurie d’investissements qui a frappé la Grèce entre 2008 et 2019.
Partant du constat de l’abandon progressif des murs en pierre sèche — initialement destinés à des pratiques agricoles en fort déclin depuis les années 1950 — et confronté au sentiment de déshérence suscité par les innombrables reliques d’une industrie touristique à la fois spéculative et vitale pour les communautés locales, une hypothèse émerge : considérer les murs en pierre sèche non comme un patrimoine figé, mais comme un stock de matériaux en circulation, à réintroduire dans la construction architecturale contemporaine.
Cette hypothèse devient alors un outil de réflexion pour la création d’objets mettant en scène un dialogue entre des cultures et des techniques architecturales étrangères l’une à l’autre, interrogeant la relation qu’une vision de l’architecture comme objet transitoire — faite de flux, d’excès et de transformations — peut entretenir avec le patrimoine. Chaque pièce de l’exposition raconte une histoire : murs protégeant du vent au nord, écrans ou claustras ornementées au sud, une corniche en terrazzo réunissant les lithologies de l’île et des matériaux importés, des empilements de rebuts de carrière, des greffes ou encore des hybridations entre mousse polyuréthane et roche métamorphique.
Avec Anna Saint Pierre, Materra Matang, Mathias Palazzi et Warm Weekend. Avec le soutien de Toichos et de l'Institut Français.


















